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samedi 21 juin 2014

Les Méthodes de Production d'Alevins de Tilapia Nilotica



Table des matières







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1. Biologie de Tilapia nilotica




Tilapia nilotica (L., 1758) fait partie, comme tous les autres tilapias de la famille des Cichlidae, ordre des Perciformes. Les espèces de cette famille se reconnaissent aisément par:
- tête portant une seule narine de chaque côté,
- os operculaire non épineux,
- corps comprimé latéralement, couvert essentiellement d'écaillés cycloïdes et parfois d'écaillés cténoïdes,
- longue nageoire dorsale à partie antérieure épineuse,
- nageoire anale avec au moins les 3 premiers rayons épineux.
Le genre Tilapia, SMITH, 1840, essentiellement africain, a d'abord été divisé sur base de différences morphologiques en 3 sous-genres: Tilapia, Sarotherodon, RUPPEL, 1852 et Neotilapia REGAN, 1920. Mais, depuis le début de ce siècle, le nombre d'espèces de Tilapia a fortement augmenté avec la découverte d'espèces nouvelles, ce qui a conduit les systématiciens à revoir régulièrement la taxinomie de ce genre rassemblant actuellement plus de 90 espèces. C'est ainsi que Tilapia nilotica dont seule la femelle pratique depuis toujours l'incubation buccale, s'est vu regroupé avec tous les tilapias incubateurs buccaux dans un premier sous-genre Sarotherodon qui a été élevé ensuite, au même titre que Tilapia (incubateur sur substrat), au niveau générique (TREWAVAS, 1973). Ce nouveau genre s'est vu alors pulvérisé en 5 à 7 sous-genres parmi lesquels Sarotherodon regroupait les tilapias incubateurs biparentaux ou uniparentaux paternels et Oreochromis regroupait les tilapias incubateurs buccaux uniparentaux maternels. Dernièrement, certains taxonomistes s'accordaient à diviser la tribu des Tilapiinés en 4 genres en se basant non seulement sur les caractères anatomiques, mais aussi, originalité en taxonomie, sur le comportement reproducteur et la nutrition (TREWAVAS, 1980,1981,1983):
- incubation des oeufs sur substrat avec garde biparentale (couple), macrophytophages: Tilapia
- incubation buccale avec garde biparentale ou paternelle, planctonophages: Sarotherodon
- incubation buccale avec garde uniparentale maternelle, planctonophages: Oreochromis
- caractéristiques éco-morphologiques particulières: Danakilia
Comme il s'agit d'un domaine qui évolue régulièrement et que les points de vue divergent, nous utiliserons pour la pisciculture, comme le permet TREWAVAS (in FISHELSON et YARON, 1983), la dénomination la plus universellement répandue: Tilapia nilotica.
- les principaux synonymes de cette espèce, que l'on peut trouver dans la littérature récente, sont:
· Oreochromis (Oreochromis) niloticus
· Tilapia (Sarotherodon) nilotica
· Sarotherodon niloticus
La diagnose de cette espèce a fait l'objet d'études précises (TREWAVAS, 1983) recourant à des caractéristiques morphométriques plus ou moins difficiles à examiner sur organismes vivants. Généralement, sur le terrain, le pisciculteur reconnaît les adultes de cette espèce (figure 1.1) par:
- une coloration grisâtre avec poitrine et flancs rosâtres et une alternance de bandes verticales claires et noires nettement visibles notamment sur la nageoire caudale et la partie postérieure de la nageoire dorsale,
- un nombre élevé de branchiospines fines et longues (18 à 28 sur la partie inférieure du premier arc branchial, et 4 à 7 sur la partie supérieure),
- une nageoire dorsale longue à partie antérieure épineuse (17-18 épines) et à partie postérieure molle (12-14 rayons),
- un liséré noir en bordure de la nageoire dorsale et caudale chez les mâles.



 

lundi 9 juin 2014

Les écrevisses

Les écrevisses

1.  Généralités de l’Astaciculture

Les écrevisses sont apparues, au cours de l’évolution, il y a quelques 250 millions d’années. Elles se sont diversifiées (plus de 470 espèces à l’heure actuelle) et ont colonisée progressivement les eaux douces des différents continents. L'astaciculture (du latin : Astacus et culture) est l'élevage des écrevisses qui est généralement une activité aquacole à but commercial ou semi-commercial.  Elle se réalise très souvent dans d'anciennes Cressonnières, des gravières mais elle peut être réalisée aussi dans des parcs spécialement aménagés. L’écrevisse est un crustacé d’eau douce ressemblant au homard, mais de taille beaucoup plus petite. On admet que les écrevisses dérivent de formes marines qui se sont adaptées à la vie dans les eaux douces (Laurent, 1989). Il en existe plus de 400 espèces dans le monde, dont moins de dix d’entre elles sont l’objet d’une production commerciale (Huner, 1995).La plus grande diversité d’espèces s’observe en Amérique du Nord, qui compte plus de 300 espèces indigènes (Huner, 1997b). Plus d’une centaine d’espèces sont présentes en Australie (Webster, 2002). En Europe, les populations d’écrevisses indigènes ont été décimées par la maladie, la pollution et la destruction d’habitats (Huner, 1988).Certains auteurs considèrent deux familles, Les Astacidae (écrevisses boréales) et les Parastacidae (écrevisses australes).En Europe de l’ouest, l’écrevisse à pattes blanches Austropotamobius pallipes et l’écrevisse des torrents Austropotamobius torrentium doivent être conservées pour leur valeur culturelle en tant qu’espèces phares pour une bonne qualité environnementale. Dans le système hydrographique marocain, il existe deux espèces d’écrevisses appartenant à la famille des astacidae : Astacus astacus Linné 1758 (écrevisses à pattes rouges) qualifiée aussi d’écrevisse noble et Orconectes limosus (écrevisse américaine). Ces deux espèces se répartissent de façon inégale au niveau du moyen atlas. Astacus astacus introduite au début du 20ème siècle est la plus répandue dans les cours d’eau, alors qu’Orconectes limosus introduite beaucoup plus tard n’occupe que quelques lacs de la même région (thèse de doctorat présentée par Mohamed BENYAHIA TABIB en 2003,). Depuis l’an 2003, la ferme pisciculture du nord situant au nord du Royaume à 20 km au sud-ouest de Tanger a introduit une troisième espèce qui s’appelle Cherax quadricarinatus, connue sous le nom (RedClaw), importé  de l’Australie. Cette espèce est toujours en phase expérimentale, elle n’est pas encore commercialisée ni à l’échelle nationale, ni à l’internationale. Les écrevisses sont aujourd’hui appréciées non seulement en tant qu’espèces patrimoniales dont la perte diminuerait la biodiversité des eaux douces mais aussi en tant qu’espèces «parapluies » qui régulent et protègent cette biodiversité. La conservation des écrevisses permet donc de favoriser la protection des milieux aquatiques ainsi que le maintien d’activités économiques et d’un patrimoine naturel et culturel.
De nombreux programmes de conservation sont menés aux quatre coins de l’Europe pour maintenir ce patrimoine astacicole.
L’élevage de l’écrevisse se pratiquant dans le milieu aquatique, laisse à penser – à tort- que les conditions de milieu convenant à la pisciculture sont également bonnes pour l’astaciculture .dans ce cas on peut en déduire que les contraintes piscicoles, bien étudiées et bien connues, sont approximativement les mêmes pour un élevage d’écrevisses. L’animal considéré est cependant bien diffèrent des poissons.il s’agit d’un crustacé dont la morphologie externe et interne, la physiologie, le comportement sont très différents de ceux des poissons et impliquent, pour l’éleveur des attitudes, des méthodes, des techniques et des pratiques différentes en bien des points. (Arrignon ; 2004)

2.  CLASSIFICATION

D’un point de vue taxonomique, les écrevisses appartiennent à la classe des crustacés et à l’ordre des décapodes.  
  • On compte 593 espèces d’écrevisses recensées à l’échelle mondiale qui se regroupent en 30 genres répartis dans trois familles selon Sinclair et al. (2004) : 
  1. Astacidae (14 espèces), 
  2. Cambaridae (409 espèces) 
  3. Parastacidae (170 espèces).
Les individus appartenant à la famille des Astacidae et à celle des Cambaridae se rencontrent uniquement dans l’hémisphère nord tandis que les représentants de la famille des Parastacidae se localisent uniquement dans l’hémisphère sud et plus particulièrement en Australie.



Classification de Cherax quadricarinatus Von Martens, 1868
Règne : Animalia 
Embranchement : Arthropoda Latreille, 1829
Sous-Embranchement : Crustacea Brünnich, 1772
Classe : Malacostraca Latreille, 1802
Sous-Classe : Eumalacostraca Grobben, 1892
Super-Ordre : Eucarida Calman, 1904
Ordre : Decapoda Latreille, 1802
Sous Ordre: Pleocyemata Burken road 1963
Infraordre: Astacidea Latreille, 1802
Super famille: Parastacoidea Huxley, 1879
Famille: Parastacidae Huxley, 1879
Genre : Cherax Erichson, 1846 
Cherax quadricarinatus Von Martens, 1868

  Chevrax. Quadricarinatus, originaire d’Australie et de Nouvelle-Guinée, a été introduite récemment dans cette ferme aquacole marocaine (Tanger). Cette espèce n’est pas présente au Maroc à l’état sauvage.

3.  MORPHOLOGIE DE L’ECREVISSE

a.    Morphologie externe



Figures 3 : Anatomie externe d’une écrevisse. (a) face dorsale et (b) face ventrale



Figure 4 : Ecrevisse Australienne Cherax quadricarinatus

L'écrevisse fait partie du grand groupe des arthropodes (pattes articulées).Elle possède un Squelette externe (carapace) formé de chitine membraneuse et cornée plus ou moins imprégnée de calcaire. Les articulations ne sont pas calcifiées, ce qui permet à l'animal de se mouvoir. Le corps est divisé en deux parties : le céphalothorax (segments de la tête et  du thorax soudés) et de l'abdomen. Le céphalothorax est terminé en avant par un éperon, le rostre, qui est caractéristique de l'espèce. La région céphalique porte trois paires d'appendices qui constituent la bouche et les «mâchoires» et deux autres qui forment 2 paires d'antennes. Le thorax supporte 5 paires de péréiopodes ou pattes locomotrices. La première est terminée par de   puissantes pinces. Les deux suivantes par de minuscules pinces et les deux dernières par une griffe. L'écrevisse se déplace sur le fond du cours d'eau avec 4 paires de pattes, les pinces servant à se défendre. De chaque côté du céphalothorax on trouve une chambre contenant les branchies. L'eau entre par la base des pattes locomotrices et ressort par la bouche sous l'effet d'un courant créé par le mouvement perpétuel des appendices buccaux. L'abdomen est formé de 6 segments plus une sorte de nageoire caudale, le telson, qui porte l'anus. Sous l'abdomen on trouve de petites pattes appelées pléopodes. Chez la femelle, elles servent à retenir les œufs durant l'incubation, alors que chez le mâle les deux premières paires sont modifiées en appareil copulateur. Le telson sert de propulseur pour la fuite rapide en marche arrière quand l'écrevisse se sent menacée. Les yeux se trouvent à l'extrémité d'un pédoncule mobile. Ils sont composés de centaines de facettes comme chez les insectes.



a.    Morphologie interne



Le système digestif :  composé de trois parties: Un court œsophage et un estomac volumineux et très musculeux (pour le broyage des aliments),Un intestin moyen et glandulaire, avec un hépatopancréas (sécrétant la cellulase, enzyme permettant de digérer la cellulose végétale) et un caecum; un intestin postérieur, long tube droit se prolongeant jusqu’au telson.
Le système circulatoire est “ouvert”:   Il est constitué d’un cœur, perforé de 3 paires de trous ou ostioles, permettant au liquide sanguin de la cavité générale du corps d’y pénétrer lorsqu’il se dilate. A 20°C, le cœur de l’écrevisse bat à raison de 30 - 40 fois par minute. Un réseau d’artères alimente les différents organes du corps, mais comme la circulation n’est pas fermée, le sang se déverse à l’extrémité de ces vaisseaux dans les cavités situées entre les organes.
Le système nerveux :   est essentiellement ganglionnaire, à raison d’une paire de ganglions par segment. Le ganglion se trouvant au-dessus du pharynx est appelé “cerveau” de l’écrevisse. Il est relié à une chaîne ventrale composée de 22 ganglions. Des ganglions partent de la connexion nerveuse vers les muscles du corps, vers la tête et les différents organes du corps.
La musculature:   Les muscles les plus développés sont bien entendu ceux de l’abdomen (2 paires les dorsaux ou extenseurs et les ventraux ou fléchisseurs) et ceux des pinces. Ce sont ces muscles-là qui sont consommés par l’homme. L’écrevisse possède bien entendu toute une série d’autres muscles, moins puissants cependant: ceux des mandibules, ceux des autres pattes, de l’estomac.
L’appareil génital :   est constitué de testicules chez le mâle et d'ovaires chez la femelle. Les orifices génitaux se trouvent à la base de la 3ème paire de pattes chez la femelle et de la 5ème paire de pattes chez le mâle. L’écrevisse est une espèce dite « gonochorique » dans le sens où les sexes sont séparés et qu’elle effectue une fécondation externe (Parnes et al. 2003).